Start-up : OxiProteomics mesure l’état d’oxydation du protéome

La start-up OxiProteomics1, créée par des chercheurs de l’UMR 8256 de l’IBPS, valorise la technologie Oxi-DIGE (DIfferential Gel Electrophoresis) qui permet de visualiser et de quantifier l’état d’oxydation des protéines. Elle vient d’obtenir la licence d’exploitation qui va lui permettre de développer son activité.

Une nouvelle start-up est née à l’IBPS : OxiProteomics vient en effet d’obtenir la licence d’exploitation qui va lui permettre de développer son activité. La société avait été créée dès 2014 par Martin Baraibar, ancien post-doctorant dans l’UMR 8256, Bertrand Friguet, directeur de cette UMR, et Claude Hennion, chargé du développement. OxiProteomics a depuis recruté un chef de projet, Andrea Cavagnino, docteur en biochimie et pharmacien.
La start-up valorise la technologie Oxi-DIGE (DIfferential Gel Electrophoresis), brevetée par l’UPMC dès 2011, qui permet de visualiser et de quantifier l’état d’oxydation de l’ensemble des protéines d’un échantillon (l’oxy-protéome), mais aussi de protéines spécifiques. L’oxydation des protéines est l’un des contributeurs majeurs au vieillissement et aux maladies associées. Avec le temps, les protéines de notre organisme accumulent en effet des modifications, tout particulièrement l’oxydation, qui les rendent moins efficaces dans leur fonction, qu’il s’agisse d’enzymes du métabolisme, de protéines impliquées dans les grandes fonctions cellulaires, ou de protéines de structure.

Les premiers clients d’OxiProteomics sont les industries cosmétiques, qui ont tout de suite compris l’intérêt d’évaluer l’efficacité de leurs produits sur le vieillissement de la peau. De fait, OxiProteomics travaille déjà avec L’Oréal, Pierre Fabre et LVMH Recherche, entre autres, pour analyser l’état d’oxydation du protéome d’échantillons de peau avant et après traitement par des molécules candidates pour des soins cosmétiques. La technologie Oxi-DIGE présente plusieurs avantages majeurs sur les technologies concurrentes : elle permet à la fois une quantification des protéines oxydées, via une détection directe des résidus carbonylés par fluorescence, et l’identification de protéines spécifiques par des gels en deux dimensions.
D’autres applications sont possibles et l’équipe de Bertrand. Friguet a par exemple collaboré sur des problèmes d’infertilité liés au stress oxydant2, et ainsi démontré l’efficacité d’un traitement qui réduit à la fois l’état d’oxydation des protéines et l’infertilité. Elle a également collaboré avec plusieurs équipes sur l’étude du vieillissement musculaire3.
Premier succès marquant d’OxiProteomics depuis sa création : le 15 octobre dernier, la start-up a été couronnée du Start-up Award lors du premier salon international Cosmetic 360 (150 exposants et plus de 4000 visiteurs). Elle a par ailleurs fait l’objet d’articles dans plusieurs revues spécialisées, dont Cosmétiquemag et l’Usine Nouvelle, et sur des sites web dédiés aux start-up innovantes comme Widoobiz et Skinobs.

1. www.oxiproteomics.fr
2. Avec le laboratoire de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle, INSERM U557, INRA, CNAM, Université Paris 13, CRNH IdF (Bobigny)
3. Avec l’Institut de Myologie (Paris), le Venetian Institute of Molecular Medicine (Italie) et le Karolinska Institute (Suède).